Trouvez votre Mythe – un jeu alchimique

« Trouvez votre mythe », est un jeu d’écriture introspective où chacun structure une pièce de théâtre basée sur sa propre vie, pour le spectateur unique qu’il est. 

Introduction

 Le jeu d’écriture introspective est un jeu de type labyrinthique, dont le but est la prise de conscience de la constellation complexe et instinctive d’une force qui oriente la trajectoire de notre destin, invisible de notre conscience individuelle et superficielle qui se croit indépendante et séparée de la Nature. Autrement dit, c’est la découverte de son mythe personnel et la possibilité de son intégration dont le jeu propose les pistes, une base d’introspection dramaturgique possible en autonomie complète ou partielle.

Lorsqu’à une étape de notre histoire, la fascination du jeu extérieur aux phénomènes et les exploits des personnages illustres, historiques ou contemporains, cèdent place à la recherche de notre propre centre, nous dirigeons notre regard vers l’intérieur. Le véritable voyage initiatique commence, avec ses batailles et ses résistances.

Mais qu’est au fond ce parcours, si ce n’est la chute aux « enfers », la rencontre avec le « monstre » et le « victorieux retour » dans le quotidien, désormais éclairé par le « trésor » de la conscience renouvelée, le soi régénéré par le mystère intérieur de la « connaissance » ?

De nombreux récits mythologiques et philosophiques explorent ce parcours en le structurant en degrés et révélations.

Les personnages d’alliés et d’ennemis, les guides et les pièges, se présentent sur le chemin comme un réseau complexe et interdépendant des méandres de la personnalité unique du héros, qu’il méconnaît lui-même.

Or, ce « jeu de miroirs », plus au moins distordus, est à l’image des attentes, des croyances et des projections du « joueur » à la recherche de la vérité de sa vie.

Selon C.G. Jung, les projections des divinités d’antan sur les puissances planétaires, ce panthéon égyptien et gréco-romain formant la base même de la culture spirituelle occidentale, a été « introjecté » au sein-même de la psyché humaine, devenant peu à peu les « fonctions psychologiques », les traits de caractère, et les voiles de plus en plus inconscients qui séparent l’être humain contemporain de la connaissance de sa nature, de son appartenance à la « royauté » de l’être-créateur.

Le schisme de l’être et de l’avoir, du bien et du mal, du féminin et du masculin, du haut et du bas, de la vie et de la mort, qu’est devenu le gouffre insoutenable auquel nos générations font face, pèse sur les pays occidentaux en tant que névrose, perte du sens de la vie, aliénation et autodestruction.

Or, cette formidable tension intérieure, tant diabolisée et refoulée par la société contemporaine, est la condition sine qua non de la transmutation intérieure, de la métamorphose psychique et de la maturation de l’âme, qui initie un appel au voyage.

La rencontre avec le « monstre marin », issu tout droit de l’inconscient, devient alors nécessaire à tous ceux qui, un tant soit peu, aspirent à la liberté, la justice et la paix et font le premier pas dans l’inconnu.

Mais qui est donc ce monstre, dont il convient de « triompher », si ce n’est le mystère le plus diabolisé et dénigré depuis des millénaires ? Autrement dit, le pôle féminin, auquel sont associés des visions difformes aux adjectifs débordants d’aversion, dans l’esprit éducatif de toute institution patriarcale. La passivité, la défaillance, la faiblesse, l’impureté, puis in fine l’instinct, la chair, la femme, la terre, la vie, la mort, le temps… Souillé et tabou, le pôle féminin est « fautif » et « défaillant », car indissociable du cycle de la vie et la mort.

Pouvons-nous réellement nous mesurer à un tel « adversaire » en essayant de le diminuer, de le découper en morceaux, de le réduire à néant de façon scientifique ? Ou serait-il possible de l’apprivoiser au travers de la dialectique appropriée, faire connaissance et « l’intégrer » en se laissant « dissoudre » en lui ?

Ce saut dans le vide, ne serait-ce précisément cet acte héroïque véritable, n’ayant rien en commun avec la glorification de l’idéal de soi-même, cette image grotesque, la caricature du héros solaire, ce désir orgueilleux d’expansion du « moi-je » n’ayant jamais assez avec ce qu’il a, ayant perdu le lien avec l’harmonie de ce qui EST ?

Application 

Les générations précédentes nous ont laissé un immense héritage quant à ce dialogue possible avec l’Inconscient. Certaines clefs, tels des algorithmes mathématiques, sont basées sur l’art antique de la mesure et des proportions qui conduisent à la compréhension de l’harmonie et de l’équilibre universels que le cerveau humain interprète naturellement.

Ces clefs sont des nombres, les archétypes premiers, un langage communément connu et transmis en tant qu’outil principal de la compréhension de la manifestation de la vie.

Discrètement, ils opèrent dans la construction des récits, dans la dramaturgie, dont les œuvres audiovisuelles contemporaines tirent leur inspiration, sans parler de la musique, de l’architecture, et même du corps humain. Ils sont également à l’origine des messages subliminaux de la publicité, utilisés ainsi impunément à des fins mercantiles. Il incombe à chacun de les approcher à sa façon et de reconnaître leur influence en tant que cycles de vie ainsi que leur dynamique d’évolution ou d’involution.

La numérologie, l’Astrologie, le Yi-Jing, le Tarot, d’autres approches de la connaissance de soi encore, en disent long à leur sujet, tandis que la biologie, la géométrie, les mathématiques, jusqu’à la physique quantique, s’en servent pour décrypter le monde apparent. Ils sont donc à l’origine de notre relation avec nous-mêmes et avec le monde. C’est pour cette raison que le « labyrinthe » du jeu bâtit son cadre sur les proportions du Nombre d’Or (1,618…) issu de la suite de Fibonacci. Ici, elle se déploie sur ses 7 premiers niveaux (1,1,2,3,5,8,13). Chacun de ces nombres correspond à une étape de structuration du récit autobiographique, tel un filtre particulier au travers duquel nous pouvons regarder les évènements clefs de nos souvenirs.

En suivant ce mouvement comme dans une circumambulation, de l’extérieur vers l’intérieur, certains complexes et tendances deviennent personnifiés, tels les personnages d’ennemis, d’alliés, de guides, etc., jusqu’à ce qu’un certain renversement s’opère, lorsque le centre de la personnalité émerge et que l’identification majeure avec la blessure de la « séparation initiale » s’effondre. Ce schisme premier, en tant que racine de notre perception erronée de nous-mêmes, nous retient le plus souvent prisonnier d’une croyance acquise dans l’expérience naissante du moi et provoque le cycle des répétions de nos expériences douloureuses, avec leurs suites de résistances et de murs de protection que nous bâtissions tout autour, tel un labyrinthe sans cesse renouvelé… Retrouver ce point de rupture et l’intégrer est en quelque sorte le passage dans les ténèbres…  À ce point de mystère, le changement de dimension s’opère : nous passons de la dimension horizontale à la dimension verticale qu’est le chemin du retour à la maison, avec la vision globale, celle d’un aigle qui survole la totalité du territoire et perçoit l’harmonie de tout ce qui l’entoure. Cet envol, et donc la distance, si bien connue en psychothérapie ainsi que dans les pratiques contemplatives, ne sont possibles qu’à partir de ce « point zéro », où les barrières s’effondrent, les images se fondent et laissent place au silence qui rend intelligible le mouvement de la vie et son harmonie intrinsèque…

Le jeu « Trouvez votre Mythe ! » propose un aperçu de cette expérience grâce à la structuration quasi scénaristique du récit autobiographique, s’inscrivant dans la voie des grands penseurs et théoriciens de la mythologie et de la dynamique archétypale que sont C. G. Jung,  M.L Von Franz,  J. Campbell,  C.P. Estés,  G. Romey,  A. Jodorowky,  J. Truby sous l’angle d’une démarche introvertie.

Dans ce cadre de réflexion, nos « coups du destin », nos émotions, nos sentiments, nos croyances, en plus de donner naissance aux personnages fictifs d’une narration, se dépouillent de leur caractère implacable ou de leur apparence archétypale et provoquent la prise de conscience de celui que les regarde.

Le jeu ne prétend aucunement répondre à des questions existentielles, ni remplacer une thérapie. Tout en restant dans le cadre d’un test analytique, il tente de projeter sous forme d’une maquette dramaturgique une expérience de l’unification de sa personnalité, le changement de regard sur l’expérience de la vie, et la reconnaissance du pouvoir créateur de la psyché.

Le jeu en tant qu’outil thérapeutique

À titre personnel et en usage individuel, le jeu est une base de travail psycho-analytique qui peut s’expérimenter en autonomie, suivi d’un travail de recherches personnelles, de lectures et de réflexions.

Néanmoins il peut servir de base de constitution de « l’anamnèse » chez un patient en cours de thérapie analytique. Chaque étape peut alors faire objet d’analyse et d’intégration en cours de séances, en tant que préambule, et inciter le patient à fournir un effort autonome en dehors du temps des séances. Cela peut nourrir son travail des contenus inconscients présents dans ses rêves nocturnes et éveillés et fournir une base d’inspiration.

Le jeu peut également servir de base de reconnaissance des évènements traumatiques conscients, qui peuvent faire émerger des souvenirs refoulés en cours d’échange avec l’analyste plus rapidement que grâce au procédé des « questions-réponses ». Cela peut soulager le travail du thérapeute face aux résistances naturelles du patient au cours des premières séances, et ainsi écourter le temps nécessaire au dépassement du transfert.

Pour finir, le jeu peut sensibiliser le grand public au travail psychologique et psycho-analytique comme un outil ludique et éducatif de connaissance de soi.

Prendre un rendez-vous pour commencer le jeu.